La bataille des titans.

Parler de mode, c'est bien; organiser un combat fictif entre les deux createurs les moins talentueux et plus mauvais gout du moment, c'est mieux. A vos marques, prets...

Voyons, qu'est ce que nous avons la?


Ah oui, forcemenent, un jogging orange satin avec une tete de tigre. Joli, discret, raffine . Non, vraiment. Et ces rayures sur les jambes, non, absolument di-vin. Pas du tout comme les vestes qu'on peut trouver au marche douteux pres de chez moi pour dix balles et que personne n'ai jamais (jamais!) achete. Et puis ca ne pique pas les yeux, hein. Mais...mais...que vois je apparaitre?


Mais oui! Une veste de costard avec des coeurs roses, et une robe sensation 'a poil et en pois' portee par une femme enceinte. Genial. Que demander de plus?Pas grand chose, vraiment. Je n'arrive meme pas a me moquer tant c'est abominable.
Je pourrais continuer pendant longtemps, mais...oui, en fait, je vais continuer. C'est super amusant comme jeu.
Et puis merde, enfin, avec des fringues comme ca, c'est beaucoup trop dur de resister:


Parce que bon, la tenue du milieu peut encore passer (quoique Superman on a deja vu et revu), mais des chaussures orange a fourrure? Une veste transparente en plastique violet? On est ou, la? Eurodif en 1998? Certes, la haute couture est sensee etre tellement en avance qu'elle donne parfois l'impression d'etre en retard, mais est ce qu'on a vraiment besoin d'un revival aussi deguelasse que ca? Rien qu'a regarder la photo j'ai Eiffel 65 qui me revient dans la tete. Et d'ailleurs, en parlant des 90's:


Je commence ou? Comment? Je tire sur quel bout? La longueur? Les couleurs? L'imprime? Je pensais qu'on avait decide de bannir ce sous le genou affreux et pas flatteur il a bien dix ans - pourquoi le ramener? POURQUOI? Ca ne va a personne - les grandes ont l'air trop grandes, les maigres trop maigres, les grosse beaucoup plus grosses, et ca vexe les petites parce que ca leur arrive aux chevilles. Voila. Voila a quoi elle sert, cette longueur. Et tant qu'on y est, le bonnet vert amande a ete banni aussi. Va falloir arreter de deconner. Quoi? Vous en voulez plus? D'accord, d'accord - si vous insistez. Voici donc, sans plus d'attente, les lunettes les plus moches du monde (possiblement):


Ca vous rappelle quelque chose, quelqu'un? Oui, moi aussi. Gunther. You touch my tralala, et caetera. Celui la meme. Celui qu'om aurait pas vraiment associe a la mode, mais pourtant. Tout est possible, hein.Je vous laisse avec quelque chose sans vetements, mais presque tout aussi insupportable: pour son anniversaire, Henry Holland s'est fait offrir une statue de lui meme. Oui, vous avez bien lu. Je reviens, je vais vomir.


Insipide, Peinture, Farine, Rupture.

J'avais vraiment envie que les Big Pink foirent leur deuxieme album. A Brief History Of Love etait bon, mais n'appelait pas vraiment a une suite brillante: efficace et decale, il se suffisait bien a lui meme - pas besoin de ressortir quelques chose d'insipide un ou deux ans plus tard, et tout gacher. Je ne voyais pas comment ils auraient pu evoluer sans devenir repetitifs, creux ou commerciaux, et leur en voulais toujours un peu pour ue vieille histoire personnelle, soit un clip pour lequel j'ai ete recouverte de peinture noire et ai du danser devant un drap pendant deux jours, pour ensuite apprendre que non, en fait ils n'avaient plus envie de sortir ce single la. Salauds. Je m'attendais donc a ce que Future This soit vide et ennuyeux, et, comme d'habitude, me suis faite avoir.


Stay Gold, la piste d'ouverture, ressemble a Dominos en un peu plus pop, et semble annoncer la couleur - on est repartis pour une poignee de chansons dansantes au gout shoegaze, et a refrains entetants. Puis Hit The Ground commence, et l'on se rend compte qu'on s'est fait rouler dans la farine: j'ai generalement un probleme avec toute mention de Superman dans la pop, mais bordel, ca marche: les choeurs sont planants, la voix agacante, les synthes douteux, mais c'est coherent. Meme symptomes pour Give It Up et son fort potentiel mauvais gout - l'instru est ringarde, les paroles banales mais ils s'en sortent haut la main, Dieu sait comment: ca fonctionne. Le creux arrive cependant avec la succession The Palace - 1313, pas necessairement desagreables mais franchement pas interessants: trop d'importance est accordee a la voix, et a quatre minutes vingt et cinq minutes vingt trois, on ne peut s'empecher de bailler, et attendre la suite.
Et quelle suite: Rubbernecking est le vrai bijou pop de l'album (et le titre le plus court) - le refrain repetitif et la batterie basique et distante collent parfaitement au style des deux garcons, et l'on retrouve l'efficacite du premier album, intru originale en bonus. Jump Music est plus rock et plus cliche, avec son gros riff de guitare et choeurs emascules: on dirait presque du kasabian par moments, et le groupe en perd quasiment son identite: leur son n'est plus aussi distinctif, et l'on sent bien qu'ils ne sont pas sur leur territoire. Lose Your Mind ratrappe plutot bien la chose, puisqu'elle n'a pas vraiment de sens, des changements de rythmes a tout va, et un sample affreux qu'eux seuls arrivent a rendre potable. Le titre eponyme souffre un peu du syndrome de l'avant derniere chansons - personne n'ecoute vraiment les fins d'albums, et l'on sent le remplissage: pas mauvais, loin de la, mais finalement assez banal. 77 finit Future This, et est (forcement?) la piste la plus lente: les synthes sont planants, et les paroles plus personelles (proche decede? rupture douloureuse?). Quoiqu'il en soit, les Big Pink ont reussi l'impossible, et sorti un second album pas meilleur ni moins bon que le premier, tout en restant original - j'aurais aime qu'ils se ramassent, et les attend au tournant, mais jusqu'ici, rien a signaler.

Bougre, Academique, Clochette, Excessive.

Il avait du charme, le bougre.
Du charme, et un magnetisme irresistible; une facon de vous attirer dans son monde, l'air de rien, et ne plus vous laisser partir. C'est d'ailleurs fascinant de voir a quel point il pouvait hypnotiser les foules: pas des millions, ni des milliers, mais quelques centaines de gosses emerveilles par son talent, bouche bees devant l'ampleur de sa perfection bancale - un univers de reves brumeux, et fantasmes derangeants, hante par une douce melancolie qui ne vous quittait plus. L'admiration etait religieuse; l'obsession presque inevitable. Et forcement, j'etais l'un d'eux - bercee par Wind In The Wires et poursuivie par Lycanthropy, mon adolesence aurait eu bien peu de sens sans Patrick Wolf. Non que je sois la seule - plus  le temps passe, et plus les anecdotes se multiplient. De l'academique d'extreme gauche au dandy gentiement branche, je ne cesse de rencontrer des gens qui, comme moi, ont consacre quelques annes de leur jeunesse a se noyer dans la musique du jeune anglais.
Dans un sens, c'est pour eux que j'ecris cet article; l'epitaphe d'une vieille passion commune. En avant, maestro.



En 2011, Patrick Wolf sort son quatrieme album, et nous fait gentiment savoir qu'il est vraiment heureux, que son couple va bien, son appartement est genial, et c'est quand meme sympathique de ne plus etre pauvre. J'aimerais chroniquer Lupercalia, mais c'est etonnament dur d'ecrire un papier lorsqu'on ne peut se sortir les doigts des oreilles, de peur d'entendre une seconde de plus de ce qui s'avere etre un affront pur et simple a la musique de qualite. Je le vois en concert quelques mois plus tard, et il ressemble a un croisement entre Peter Pan et la fee Clochette, dix ans d'un alcoolisme feroce plus tard. J'abandonne. Decembre arrive, et un nouvel EP apparait: Brumalia a une pochette en noir et blanc, simpliste et depouillee - je reprend espoir, et me promet d'essayer. Je pourrais vous laisser deviner la suite, mais mon amour sans borne pour la plainte superflue m'en empecherait. C'est donc avec plaisir que je m'apprete a sortir la hache et la scie sauteuse - vous voila prevenus.

Les vingt et unes premieres secondes de Bitten sont traitres, puisqu'appreciables - un ensemble de cordes dignes des premiers albums, miserablement gachees a 0:22 par une voix feminie susurrant je-ne-sais-quoi en espagnol. Et ce n'est que le debut: les paroles sont insipides, le refrain irritant, et la melodie epuise tres rapidement. Gardez cette phrase en tete puisqu'elle decrit plutot bien toutes les autres chansons aussi. Mention speciale, cela dit, au rythme mauvais gout de Together, au pseudo Magic Position qu'est Time Of The Year, a la pesanteur forcee de Jerusalem et a l'intrumental plus que douteux de Nemoralia. Pour ce qui est des deux dernieres, allez donc decouvrir par vous meme - je suis a court d'adjectifs pejoratifs. Et de toute facon, vous avez probablement deja saisi l'idee de la chose. L'ami Patrick a une vie formidable et a tres envie d'en parler a tout le monde: on applaudit la reuissite personelle, puis on se rebouche bien vite les oreilles.

Quoi? Pardon? "Mais c'est n'importe quoi ta chronique, le Wolf a bien le droit d'etre content et de faire de la pop creuse s'il en a envie, de quoi tu te meles?" ecoute, mon renard - premierement, je ne t'ai jamais donne l'autorisation de me tutoyer, et deuxiemement, je sens que tu n'as pas bien lu mon papier, si tu reagis comme ca. Tu penses que c'etait gratuit et hors contexte, cette introduction grandiloquente sur les obsessions de mon adolescence? Comment ca, "oui, comme la moitie des articles sur ce site"? Au coin, tout de suite. Imbecile. Ce n'etait pas completement inutile, ou improvise - ce que j'essayais d'expliquer etait que mon attachement au jeune homme etait trop fort pour que je puisse etre ne serait-ce qu'un tant soit peu objective. J'en suis incapable. Cette chronique n'est que l'avis de quelqu'un qui a passe des douzaines d'heures a ecouter ses premiers albums en boucle, en se demandant si, vraiment, c'etait normal de toujours faire du 85A en seconde.  Quelqu'un qui aurait prefere que les chansons soient tristes et tordues, comme avant. Et surtout, quelqu'un qui jamais, jamais ne cautionnera l'utilisation excessive du saxophone en 2011. Nom de Dieu.

Serieux, Graal, Grasse, Phare.

Q: quel est le point commun entre Lana Del Rey, les Horrors, et Florence & The Machine?

R: Ils se prennent tous tres au serieux. 2011 etait interessant, mais tres premier degre.



D'ou mon projet de trouver un nouveau groupe cool, et marrant. Dansant et pas prise de tete. Friends auraient pu etre mon Saint Graal, s'ils avaient ete aussi bons en vrai que sur le papier: cinq New Yorkais, une jolie voix, et un son plus qu'entrainant. Je me suis donc precipitee sur Friend Crush, pensant avoir trouve ma pepite: ma deception fut grande - paroles distrayantes mais lassantes, intru peu excitante - mais de courte duree. Refusant de me decourager, je suis pasee a I'm His Girl, et victoire - une heure qu'elle passe en boucle et je suis sur le point de sauter sur ma table et bootyshaker un bon coup. La ligne de basse est grasse et efficace (comme on en fait plus vraiment), le refrain accrocheur, et globalement parfaitement foutu, et l'ensemble risque de vous rester dans la tete jusqu'a la fin des temps. La formule est simple, mais tres bien executee.
La B-side du simple, My Boo, est une reprise d'un tube de boite douteux des annees 90, et ne s'en sort pas aussi bien. Distrayant et joliement arrange, certes, mais pas aussi addictif que le titre phare. On les pardonne pour la leger faute de gout, mais restons realistes: le groupe ne sera pas notre nouvelle star, mais pourra bien nous faire danser en attendant. et puis merde, ils ont quand meme l'air super sympa sur leurs photos promo.

Explosion, ferme, The Smiths, mariage

Tout juste un an après notre première rencontre avec Noah and the Whale, le groupe revient déjà avec un nouvel album sur le thème du changement et du renouveau. Et malgré cela, on a résisté à l'envie de demander à Charlie Fink s'il s'était bien remis de sa rupture. Conscience journalistique quand tu nous tiens...


MDMAZING : Vous venez de sortir votre 3e album en un peu plus de 3 ans, c’est une stratégie pour que les gens ne vous oublient jamais ?

Charlie : (rires) Non ce n’est pas vraiment ça, je crois que c’est simplement que j’ai besoin d’écrire tout le temps, alors tant que j’écris j’essaie d’en faire des albums. On n’est pas vraiment un groupe calculateur.